23 Jan 2014

La plaie, la peine, et un jour la plaine

Aujourd'hui je touche le pourpre de ma plaie du bout de mes doigts froids, glacee, a l'ecoute. Elle pulse et ne se retire pas. Elle attend que je la sente. Que je la reflete, la reflechisse. Elle me brule un tout petit peu, mordillant le reste de mon coprs legerement etranger, montrant bien que si j'exagere, elle plantera ses petits crocs profondement. 
Qui sait bien ces equilibres sait aussi qu'on y joue rarement, par peur que la plaie ne se vexe, et cesse de nous parler. On ne joue pas docteur avec son coeur, pour ne pas le banaliser, et continuer a mal comprendre les maux qui l'affligent et l'excitent.
La tour de Babel de nos emotions nourrit bien trop genereusement nos muses pour que nous voulions en sortir. Ses rayons miroitent une allure si attrayante que nous ne tenterons jamais de les retenir. Mais aujourd'hui je touche le pourpre de ma plaie du bout de mes doigts froids, glacee. Pour changer le cours. 
De la microchimie experimentale.. Voila qui est interressant. Voici ce dont on parle. Et la couleur de cette humeur est si loin de la passion que j'ai peur de la nommer. J'ai peur oui, j'ai peur de changer. De prendre le risque de te perdre. Et pourtant voila, je prends aujourd'hui ce chemin que nous avons choisis ensembles acceptant la profondeur de la peine s'il faudra qu'il nous separe.